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si bien qu’au xviiie siècle, on ne peut plus guère parler de civilisation islamique, tant le destin de l’islam allait échapper à ceux qui en étaient les acteurs. (malfray pp. 54-55)
7 le dix-neuvième et le vingtième siècles.
il est impossible d’envisager l’islam de nos jours sans d’abord remonter au colonialisme du dix-neuvième siècle. a cette époque, les anglais, les français, les hollandais, les russes envahissent littéralement des pays qui, jusque-là, avait eu une autonomie politique certaine et une autonomie religieuse relative.
les français coloniseront l’algérie, la tunisie, le maroc ainsi que, pour un temps, une partie de l’inde. les anglais prendront finalement l’inde ainsi que le soudan et l’égypte. les hollandais s’installeront en indonésie pendant que les russes s’implanteront dans toute l’asie centrale. globalement à cette époque, c’est pratiquement l’ensemble de l’afrique, du moyen-orient et de l’extrême orient qui est sous la domination occidentale. à vrai dire, "seuls l’iran et la turquie gardent leur indépendance." (malfray, p. 122) or, la mentalité coloniale prend comme présupposé qu’un mode de vie différent est nécessairement mauvais. ainsi, dans leurs propres pays, les musulmans se retrouveront étrangers, ridiculisés, dépossédés non seulement de leurs biens mais aussi de leur identité.
la réaction ne se fera pas attendre.
bientôt les populations, dépossédées de leur identité nationale et du caractère politique et économique de leur foi, prennent conscience de leur force spirituelle et des contradictions de leur mode de vie avec l’évolution du monde moderne. une réaction contre l’influence occidentale va donc voir le jour, avec une série de mouvements musulmans de plus en plus solides visant à l’indépendance nationale pays par pays. et les deux guerres mondiales affaiblissent considérablement le prestige de l’occident qui multiplie, en outre, les agressions culturelles envers les pays de l’islam: les pressions économiques et politiques ne font que conforter les musulmans dans leur désir de chasser les envahisseurs, d’acquérir leur autonomie et de retrouver la pureté de leur religion. ce désir devait toutefois rencontrer l’obstacle du pétrole qui, tout en apportant la richesse et l’indépendance financière, provoquait en même temps la mainmise de l’étranger sur l’exploitation des ressources, ainsi que des conflits latents avec tous les pays industrialisés.
le pétrole avait jailli au milieu du désert! miracle de l’or noir, richesse insoupçonnable, le pétrole allait commencer à fai-re des siennes dès le xixe siècle... car il n’a pas fini de faire couler l’encre et d’a-limenter les pipe-lines! il fallait bien que les équipements viennent d’ailleurs, avec la technologie et l’organisation. flairant la bonne affaire, les anglais et les américains s’étaient, bien sûr, proposés tout de suite pour aider les pays en voie de développement à assurer leur économie. c’est que le coran et la loi divine ne disent pas grand-chose sur l’administration économique d’un pays. quant aux préceptes religieux, certains commençaient alors à penser qu’ils étaient de nature à freiner l’évolution d’une nation face au monde industrialisé.
chacun des pays de l’islam va donc, entre la fin du xviiie siècle et le milieu du xxe, réaliser son indépendance, son autonomie avec sa forme de gouvernement propre, et «son» islam national interprété selon des particularités territoriales.
[...]
ce n’est donc plus la loi universelle du prophète qu’il convient de considérer, mais bien plutôt son interprétation dans ces pays qui, selon les cas, s’intitulent république islamique, émirat, sultanat, empire, royauté ou république démocratique, avec toujours, pour religion officielle, l’islam, et pour dénominateur commun la «profession de foi» inscrite en article 1 des constitutions. (malfray, pp. 122-123)
8 répartition des musulmans dans le monde aujourd’hui.
les grandes croyances de l'islam
la foi en dieu est le coeur des croyances musulmanes.
ce dieu est le créateur de toutes choses, celui qui est seigneur de l'univers et qui le soutient. il est omniscient (sait tout) et omnipotent (peut tout). il est partout, toujours présent, arbitre par excellence du bien et du mal. par conséquent, dieu est vu en islam comme absolument transcendant mais aussi totalement immanent puisqu'il est près du fidèle, "plus près de l'être humain que la veine de son cou". (grégoire, p. 31). pour le musulman, dieu est donc l'ami fidèle, continuellement auprès de lui, mais aussi le juge de tous.
ce dieu est un (religion monothéiste) et par conséquent le seul à qui l'on doit l'adoration et même s'il a plus qu'un nom (99 noms sont organisés en litanies et servent aux prières), un seul de ces noms résume tous les autres: allah, qui signifie justement "celui-là seul à qui l'on doit adoration" (grégoire, p. 31). le début de la profession de foi musulmane indique bien cela:
la ilaha illallah: il n'y a pas d'autre dieu qu'allah.
déjà, pour les musulmans, le christianisme commet une erreur en divisant dieu en quelque sorte dans une trinité qui, pour eux, frôle l'idolâtrie. l'unité de dieu doit demeurer absolue.
en premier lieu, la reconnaissance de son unité implique la croyance aux attributs de dieu: créateur, tout-puissant, omniscient, absolument transcendant, à qui rien ne saurait être associé ni comparé, il possède toutes les qualités qu'expriment symboliquement les noms par lesquels il est désigné dans la révélation et qui sont contenus dans le premier et le plus essentiel, allâh. (du pasquier, découverte... p.88)
d'ailleurs, la faute la plus grave pour un musulman se situe dans la ligne de ce monothéisme absolu. grégoire explique cela ainsi:
la faute la plus grave pour un musulman est d'associer un partenaire à dieu. pour être certains qu'il n'y aura pas de désir d'adorer d'autre dieu qu'allah, les musulmans s'abstiennent de décorer leurs endroits de culte de tableaux d'humains ou d'animaux. s'ils prient dans un site en plein air, ils placent des objets inanimés ou des pierres devant eux comme des paravents afin qu'aucune créature vivante ne puisse entrer dans l'endroit de prosternation. (grégoire, pp. 31-32)
ajoutons enfin que la profession de foi musulmane n'est pas qu'une adhésion intellectuelle à l'idée de l'unicité de dieu. elle est d'abord et surtout une attitude: celle de celui qui reconnaît qu'il n'y a qu'un dieu et s'en remet totalement à lui.
si dieu règne sur la terre, il est aussi vrai qu'il règne dans les cieux. pour les musulmans, il existe véritablement un monde invisible. celui-ci est constitué d'un ciel à sept niveaux et d'un enfer à sept niveaux également.
dans le ciel, dieu règne sur un trône au milieu des anges.
les anges sont des êtres faits de lumière, sans sexe et immortels. ils ont été créés après l'humain, la terre, le ciel et l'enfer. il existe de nombreux anges qui ont diverses fonctions. les principaux sont cités par malfray (p.77).
il y a là, essentiellement, jibril, le messager d'allah; mikaël, celui qui veille sur la nature; izraïl, l'ange de la mort, et israfil, celui qui sera chargé de claironner l'heure du jugement dernier. il y a d'autres anges aux fonctions diverses, dont les deux anges gardiens qu'allah attribue à l'homme de sa naissance à sa mort et qui sont les garants de ses bonnes et mauvaises actions. au jour du jugement ce sont ces deux anges, comptables des bons et mauvais actes, qui se repésenteront avec leurs livres en compagnie du fidèle, candidat au paradis éternel. quant à satan, qui porte le nom de iblis, il est devenu l'ange déchu à la suite de son refus de se prosterner devant le premier homme; allah l'ayant maudit, il fut condamné à errer éternellement et réussit à se concilier les grâces d'une foule de petits démons de toutes sortes, qui rappellent les «djinns» des arabes anciens et entretiennent pratiquement les mêmes superstitions qu'avant la révélation.
pour les musulmans, il est nécessaire d'avoir des institutions pour guider les humains dans le droit chemin. laissé à lui-même, l'humain est incapable de trouver seul les réponses aux questions essentielles: qu'est-ce qu'il faut être et faire pour avoir une bonne vie sur la terre et vivre ensuite dans le bonheur et la paix pour l'éternité.
puisque l'humain est incapable de connaître cela par lui-même, c'est à dieu de le lui révéler. pour ce faire, dieu suscite des prophètes.
les prophètes sont des gens que dieu a choisi et avec qui il communique. le contenu de cette communication est la révélation.
pour l'islam, adam, abraham, noé, moïse, david et jésus sont de ces prophètes. ils ont donc été choisis par dieu et ce qu'ils ont dit était la révélation. cependant et comme nous le verrons dans la prochaine partie (4: la foi aux livres), il est difficile de savoir exactement ce qu'ils ont dit puisque cela peut avoir été altéré avec les années.
muhammad est aussi un prophète. il a également été choisi par dieu. cependant, il existe des différences importantes entre les autres prophètes et muhammad. cela est très bien exprimé par grégoire dans le texte suivant:
muhammad n'a rien de fondamentalement différent des autres prophètes. il est envoyé par dieu pour faire revivre la même vérité communiquée aux autres prophètes qui le précèdent. il n'y a pas de changement quant à ce qui lui est révélé. ce qui différencie muhammad des autres prophètes, c'est qu'il est comme le "sceau" de la prophétie. il en est le sceau dans le sens qu'il confirme l'authenticité des messages donnés par les prophètes antérieurs et également parce qu'il clot l'ère des prophéties. il n'y aura plus de prophètes après lui. dieu a exprimé à la perfection tous ses désirs et tout ce dont on a besoin jusqu'à la fin du monde dans le message révélé à muhammad. il se présente à une société humaine hautement développée de sorte que le message donné à l'humanité de ce temps-là doit combler les besoins futurs de l'humanité. toutefois, muhammad est important non seulement parce qu'il est le messager de dieu mais aussi parce qu'il se conforme aux idéaux contenus dans ce message: donc, pour les croyants, la vie de muhammad est comme un modèle à suivre. (grégoire, p. 33)
4.1 les livres juifs et chrétiens.
pour les musulmans, dieu a vraiment donné des révélations avant muhammad. ces révélations ont été écrites dans des livres qui, dans leur version originale, étaient donc des livres venant directement de dieu.
ainsi, les musulmans reconnaissent que la torah du judaïsme a été dictée à moïse, que les psaumes ont été donnés à david et que les évangiles du christianisme sont une authentique révélation.
cependant, la forme originale a, selon eux, été perdue, et les versions dont on dispose actuellement sont des versions déformées des livres sacrés. par exemple, les musulmans croient que jésus avait une mission divine et qu'il est né d'une vierge. il n'est pas pour autant l'incarnation de dieu ni le fils de dieu.
les juifs et les chrétiens seront appelés "peuple du livre" et auront une considération particulière par rapport à tous les adeptes d'autres religions considérés comme des idolâtres.
dieu a donc recommencé la révélation avec muhammad en lui dictant le coran (qur'an).
rédigé en arabe, il comprend 6200 versets réunis en 114 sourates (chapitres). il est considéré comme la parole incréée de dieu, un miracle littéraire qui ne peut être imité. dicté par l'ange gabriel, il constitue l'autorité infaillible en matière de doctrines, de pratiques et de loi en général.
le coran doit donc être vénéré. on doit lui donner une place de choix dans la maison et éviter de le souiller. par exemple, lorsqu'il se trouve parmi d'autres livres, il doit être le premier sur la pile; on ne doit pas le mettre par terre ni à côté d'objets malpropres.
de plus, le mot coran signifie récitation. il est donc considéré comme un acte méritoire de l'apprendre par coeur, de le réciter, de le lire ou de le copier.
parmi les points importants du coran, mentionnons les suivants:
d'autres écrits sont aussi considérés par les musulmans comme des écrits sacrés bien qu'ils ne soient pas la parole de dieu. il en est ainsi des recueils de hadîth, qui sont les paroles du prophète transmises par une suite ininterrompue de bons musulmans connus. il s'agit de textes juridiques dont 6 recueils sont officiels.
beaucoup de ces hadith se retrouvent dans un livre nommé sunna .
la sunna regroupe et raconte en effet tous les actes, les paroles, tous les faits et gestes du prophète érigés, le plus souvent, en articles de loi (les hadith)...(malfray, p. 62)
c'est à cette source que beaucoup de musulmans puisent les normes de conduite.
il existe pourtant deux autres sources de loi tout aussi importantes: l'unanimité des docteurs de la loi (ijma) et la jurisprudence (ijtihad).
plusieurs sources peuvent se contredire. il faut donc se demander de quelle manière un musulman se retrouve dans tout ça et comment se fait l'interprétation de la volonté réelle de dieu. c'est ce que arnaldez nomme le problème de la concordance des textes.
une méthode pour retrouver la cohérence de la loi... distingue plusieurs cas. dans le premier, un texte a une signification plus restreinte que l'autre. la solution est alors très simple: on excepte ce qui a la portée la plus étendue de ce qui a la portée la plus vaste. quand une interdiction se heurte à une permission ou vice cersa, si l'interdiction est plus étendue, on en excepte la permission, et inversement. c'est la solution par l'exception. le second cas est celui où l'un des deux textes rend obligatoire ou interdit une partie de ce que l'autre rend obligatoire ou interdit. il n'y a pas alors d'opposition. ainsi, l'ordre de payer la zakât pour les animaux qui sont au pâturage, ne préjuge en rien de la règle qui concerne les autres qui sont nourris à l'étable. aussi quand un précepte identique rend la zakât obligatoire pour l'ensemble du bétail, ces deux préceptes s'ordonnent immédiatement comme le particulier au général. le troisième cas est le plus compliqué: un texte apporte un ordre déterminé; un autre apporte une défense déterminée; et une partie de chacun peut être exceptée de l'autre. par exemple, selon un hadîth, il n'est pas permis à une femme croyante de voyager si elle n'est pas accompagnée de son mari ou d'un parent à un degré prohibé (qu'elle ne peut épouser). mais le coran enseigne que le pèlerinage est obligatoire pour tous ceux qui ont les moyens de le faire. ce verset parle de la généralité des hommes et de l'obligation pour eux de faire un voyage en un lieu particulier. le hadîth parle d'une partie du genre humain, les femmes, et leur interdit les voyages en général. il y a deux solutions possibles: ou bien excepter les femmes sans maris et sans proches de la généralité des hommes et les dispenser de l'obligation du pèlerinage, ou bien excepter des voyages en général le voyage du pèlerinage à la mecque, et les femmes sans mari et sans proches parents seront autorisées à l'entreprendre. on ne peut choisir si on ne trouve pas un autre texte qui, dans sa généralité, emporte le choix. on le trouve, en l'occurence, dans cette parole du prophète: «n'interdisez pas les mosquées aux servantes de dieu». dans le quatrième cas, un texte permet ce que l'autre interdit sans exception. il n'y a pas d'accord possible. on fait alors usage de l'abrogation. il faut savoir avec certitude que l'un des textes est abrogeant et l'autre abrogé. si on peut les dater, le plus récent est l'abrogeant. sinon, on considère que celui qui exige davantage ou qui interdit davantage est l'abrogeant. l'abrogation est l'objet de désaccords... (arnaldez, pp.40-41)
pour les musulmans, le monde va finir un jour. cela se produira lorsque l'humanité aura atteint le plus haut niveau de dégradation, d'immoralité et d'idolâtrie. précédés par des événements funestes et effrayants, quand il n'y aura plus personne pour adorer dieu et que le monde sera au plus bas, alors israfil sonnera de la trompette et la terre explosera littéralement.
c'est alors que dieu ressuscitera les humains et qu'il procèdera à la pesée des actions. ceux qui auront été droits auront le ciel en récompense. les autres encourront le châtiment du feu de l'enfer.
il est toutefois important de mentionner ici que, pour les croyants, l'enfer ne sera pas éternel et qu'une fois purgé leur peine, ils accéderont au ciel. cependant, ceux qui n'auront pas voulu reconnaître l'unité divine y demeureront pour l'éternité.
il convient ici de décrire un peu la conception du ciel musulman. il s'agit d'un lieu où dieu accorde pour toujours toutes les joies possibles.
quant au paradis des fidèles, les descriptions les plus idylliques abondent à son sujet, car là est la récompense surpême du contrat temporel qu'allah a passé avec le croyant, humble et soumis: au paradis, plus de privations: le vin coule à flots, le miel est doux, les fleurs sont écarlates, la musique est sublime et les femmes sont belles: une sorte d'oasis dans le désert, telle que peut la décrire notre imagination poétique. les élus pourront jouir éternellement de tous leurs sens, sans la moindre retenue. toutes les descriptions ne sont d'ailleurs que métaphores, le paradis étant, lui-même, inexprimable. (malfray, p.79)
branche la plus nombreuse de l’islam. ce sont les musulmans orthodoxes. ils appliquent le coran et la sunna et admettent l’histoire telle qu’elle s’est déroulée après la mort du prophète. les sunnites ont toujours dirigé l’islam «dans la voie droite»: ils sont les garants de sa légitimité. il y a plus de six cents millions de sunnites dans le monde. (malfray, l’islam)
chez les sunnites, on retrouve quatre écoles de pensées différentes. pourtant à travers ces écoles, il n'y a pas de différence dans les doctrines. les quelques différences portent sur l'interprétation des lois. pour chacune de ces écoles, il n'y a pas de clergé ou de hiérarchie.
les kharidjites sont des descendants de ceux qui refusèrent l'arbitrage de la bataille de siffîn. ce sont des extrémistes purs, souvent terroristes et considérés comme dangereux.
le chiisme est, après le sunnisme, la branche la plus importante de l'islam. malfray en parle ainsi:
représentant environ le cinquième de la communauté musulmane dans le monde, les chiites constituent l’une des deux grandes familles de pensée islamiques. au départ, les partisans d’ali, rejetant l’autorité des autres califes, ont fondé leur mouvement, qui repose sur l’imamat, c’est-à-dire la toute puissance de l’imam, infaillible et impeccable, à qui l’on doit obéissance et dévotion. les chiites se divisent en duodécimains (que l’on appelle aussi les imâmites), qui reconnaissent l’existence de onze imams après ali le douzième, qui a disparu, est l’«imam caché», le messie qui reviendra à la fin des temps faire régner la justice et la paix; et en ismaéliens (ou septimains) qui s’arrêtent au septième imam, ismaël, qu’ils tiennent pour leur «imam caché». les chiites pratiquent la religion musulmane avec beaucoup de rigueur et d’intransigeance; ils sont géographiquement situés essentiellement en iran, en irak et dans le sud liban. (malfray, l’islam)
ainsi, les chiites ne reconnaissent même pas les trois premiers califes, prétendant qu'ali devait nécessairement être successeur du prophète.
alors que chez les sunnites, il n'y a ni hiérarchie ni clergé, les chiites donnent une place de choix à des chefs religieux qu'on considère désignés par dieu et investis de la science divine et de la connaissance. les imâm sont donc obéis et respectés, considérés infaillibles et tout-puissants.
soulignons enfin qu'en iran, ces chefs religieux portent le nom persan d'ayatollah.
peu connu en occident et peu nombreux dans l'islam, le souffisme est un mouvement mystique mettant l'accent sur l'ascèse et la méditation. les adeptes de ce mouvement sont appelés «pauvres» et ont la réputation de connaître des choses que la plupart des gens ignorent. le mot pauvre en arabe se dit «faqir» et c'est à travers certaines étrangetés comme les charmeurs de serpents ou les matelas de clous que l'on a connu ce mouvement en occident. la profondeur de leur pensée dépasse évidemment ces curiosités touristiques.
nous ne répéterons pas ici ce que nous avons déjà vu sur les sunnites et les chiites. rappelons cependant que l'islam n'est pas une réalité monolithique et que bien des tendances existent.
c'est un fait cependant que pour la majorité des musulmans, l'islam n'est pas structuré en hiérarchie... mais ce n'est que parce que la majorité est sunnite.
les plus connues et les plus importantes pratiques musulmanes sont résumées dans ce que l'on nomme les cinq piliers de l'islam. ce sont là les pratiques essentielles et, «en principe», tout bon musulman devrait s'y conformer.
2.1 la profession de foi
(shahada).
la profession de foi est très simple:
la ilaha illallah muhammad rasulullah
il n'y a de dieu qu'allah et muhammad est son prophète.
en principe, il suffit de prononcer ces mots pour devenir musulman.
cette profession de foi implique cependant que l'on rejette les idoles, que l'on s'engage à adorer le vrai dieu, que l'on reconnaît l'autorité des écrits de muhammad et qu'on accepte l'autorité de dieu en s'y soumettant.
cette profession de foi doit être récitée plusieurs fois par jour.
prier en islam, c'est louer dieu et implorer son aide. il y a trois types de prières différentes: les prières quotidiennes, hebdomadaires et annuelles.
les prières quotidiennes doivent être faites cinq fois par jour, n'importe où, seul ou en groupe (en groupe, c'est plus méritoire). là où c'est possible, l'appel à la prière se fait par un muezzin. on doit alors idéalement procéder à la purification de certaines parties du corps avec de l'eau, du sable ou de la terre. elles sont faites en arabe, intégrant plusieurs postures toutes tournées vers la mecque. seuls femmes menstruées, celles qui viennent d'accoucher jusqu'à 40 jours après leur accouchement et les enfants sont exemptés de la prière quotidienne.
les prières hebdomadaires se font en assemblée le vendredi après-midi, à la mosquée. l'assemblée est dirigée par un imam et comprend un sermon et une discussion. à défaut d'imam, n'importe qui peut diriger l'assemblée le temps de la prière.
il y a deux grandes prières annuelles. une première a lieu à la fin du ramadan et l'autre deux mois et neuf jours plus tard.