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L'ISLAM

PLAN DE L'ENSEMBLE



 

 

   1-situation géographique
   2-avant muhammad
   3-petite histoire de muhammad.
   3.1 de la naissance au mariage.
   3.2 les révélations.
   3.3 premières prédications et hégire.
   3.4 débuts de l’expansion et mort de muhammad.
   4-la succession
   5-expansion de l’islam comme civilisation
   5.1 les omeyades d’espagne
   5.2 les 'abbâssides de bagdad
   6-la fin de l’empire islamique
   7-le dix-neuvième et le vingtième siècles.
   8-répartition des musulmans dans le monde aujourd’hui.
   1-la foi en dieu.
   2-la foi aux anges.
   3 la foi aux prophètes.
   4-la foi aux livres.
   4.1 les livres juifs et chrétiens.
   4.2 le coran
   4.3 les autres écrits.
   4.4 l'interprétation.
   5-la foi au jour du jugement.
   1-le sunnisme
   2-le kharidjisme.
   3-le chiisme.
   4-le soufisme.
   1-organisation hiérarchique.
   2-les cinq piliers
   2.1 la profession de foi (shahada).
   2.2 la prière (salat)
   2.3 le jeûne (sawm)
   2.4 l’aumône (zakat)
   2.5 le pèlerinage (hajj)
   3-la guerre sainte (jihad)
   4-autres pratiques
   5-l’islam comme système englobant
   5.1 le système d’éducation
   5.2 le système social et spirituel
   5.4 le système économique et moral
   bibliographie

introduction

"il n’y a de dieu qu’allah et muhammad est son prophète."

présenter l’islam en quelques pages est un véritable défi. cette religion, dont la réputation en occident est entachée depuis des siècles d’une réputation tantôt de païens, tantôt de gens ne respectant pas les femmes, tantôt de meurtriers, nécessiterait beaucoup plus de nuances que celles que nous aurons le temps de faire.

nous tenterons toutefois ici d’aller à l’essentiel et de présenter, après un survol historique indispensable, les doctrines et pratiques qui font que tout humain, aux yeux de l’islam, est musulman en naissant et devrait le rester toute sa vie, impliquant que s’il ne le reste pas, il est infidèle.

l’islam est en effet bien plus qu’une religion. c’est bien sûr un ensemble de croyances et de pratiques, mais aussi une vision du monde impliquant la politique, l’économie, l’éducation etc. l’islam est un mode de vie. cependant, l’islam a tellement été adapté aux différents royaumes qui pullulent en arabie qu’il devient parfois très difficile de discerner entre les adaptations qui, la plupart du temps, nourrissent les préjugés, et la foi véritable, telle qu’enseignée par le coran

histoire et géographie


1-situation géographique

nous sommes au sixième siècle après jésus-christ. entre la mer rouge et le golfe persique, délimité au sud par l’océan indien, s’étend un plateau désertique où les conditions de vie sont très rudes. car l’arabie, essentiellement, est un désert parsemé d’oasis. d’un oasis à l’autre vivent les bédouins, pratiquant surtout l’élevage. les quelques villes se bâtissent autour de ces oasis et les plus célèbres de l’arabie de l’époque sont: yathrib, ta’if, khaybar et makka (la mecque). cette arabie du 6e siècle porte le nom de hedjaz.


2-avant muhammad

les arabes de l’époque sont divisés en tribus, elles-mêmes divisées en clans. "l’individu n’a d’existence que comme membre du clan auquel il appartient par la descendance d’un ancêtre." (grégoire, p.13) cette structure de clan et de tribus est essentiellement utilitaire car "à cause des dangers et de l’âpreté de la vie du désert, personne ne peut vivre longtemps sans la protection de son groupe d’appartenance." (grégoire, p.13)

l’ensemble de la vie est marquée essentiellement par le besoin de subsister. les gens vivent surtout d’élevage et d’agriculture. ils ne savent ni lire ni écrire. il n’y a pas non plus d’unité politique et c’est la force relative des tribus qui fait qu’une domine plutôt qu’une autre. le pouvoir change ainsi de mains au hasard de combats où les plus forts l’emportent jusqu’à ce qu’une autre tribu plus forte vienne les détrôner. et comme ces tribus sont surtout caractérisées par une grande mobilité, personne des autres grandes puissances de l’époque, perses ou byzantins, n’a jamais réussi à prendre emprise sur l’arabie qui demeure un territoire globalement libre.

un certain nombre de villes échappent à cette règle de la subsistance. c’est, entre autres, le cas de la mecque qui est au coeur du commerce international et qui est dominée essentiellement par une puissante tribu: les qoraïchites. grégoire dit justement de makka:

il y a quatre personnages importants qui sont fondamentaux à cette époque. le chef de la tribu, le cheik, est élu par l’ensemble de la tribu et dirige tout. si un conflit survient, c’est un arbitre qui tranchera le débat et se prononcera en faveur de l’un ou l’autre. hormis ces deux personnages, deux autres ont un rôle de premier plan. le premier est le devin, le deuxième est le poète:

sur le plan religieux, les arabes vivent ce que l’on pourrait appeler un polythéisme agrémenté d’influences chrétiennes et juives. grégoire voit dans ces croyances du sixième siècle une "faiblesse des convictions religieuses" et une "absence de perspectives de la vie après la mort" (grégoire, p. 15)

en fait, plusieurs croyances animent les arabes. on croit par exemple que tout ce qui existe cache un esprit, que ce soient les pierres du chemin ou les arbustes du désert. on croit à certaines divinités comme ozza, l’étoile du matin, allât, la déesse du ciel, al-manat, la déesse du bonheur ou hobal, le dieu de la foudre. mais on croit surtout en un dieu supérieur à tous les autres qui n’est pas vraiment nommé puisqu’on l’appelle allah et que ce nom signifie tout simplement "dieu". c’est principalement ce dieu qui jouera un rôle important dans l’avènement de l’islam. mais il reste que globalement, aucun de ces dieux, quelque soit son importance, n’est capable de structurer chez les arabes un sens de la vie et surtout un sens de la mort.

marie-agnès malfray décrit ainsi la religion de l’époque:

il s’ensuit que cette absence de perspective de survie après la mort et la vie rude du désert auront un impact direct sur la mentalité et le comportement des tribus. grégoire décrit ainsi ce comportement:

les arabes de l’époque sont aussi fervents des pèlerinages et la mecque jouera ici un rôle de premier plan. en effet, dans cette ville on retrouve un édifice cubique portant le nom de kaaba, construit selon la légende, par abraham et son fils ismaël et où sont situées toute une série de pierres sacrées. parmi ces pierres qui représentent les divinités des tribus, une est plus importante que les autres, c’est une pierre noire. d’ailleurs, la mecque est déjà connue dans le monde entier de l’époque sous le nom de sanctuaire de la pierre noire.

chaque année, les tribus font une trêve pendant laquelle on se retrouve à la mecque afin de pratiquer toutes sortes de rites autour de la kaaba. d’ailleurs, tous participent plus ou moins à cette fête, que ce soient les arabes ou les gens des caravanes de passage. plus tard, le fondateur de l’islam intégrera et récupérera cette pratique du pèlerinage.


3-petite histoire de muhammad.

c’est dans ce contexte polythéiste sommaire que naîtra muhammad (prononcer mohammed), celui qui changera la face de l’arabie et qui sera à la source de l’une des plus grandes religions au monde, celui que l’islam présentera comme le dernier grand prophète, le seul avant la fin des temps.