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L'émigration en Ethiopie

Vers la sixième année de sa mission prophétique, le Noble Prophète, constatant que la persécution que faisaient subir les ennemis de l'Islam aux Musulmans avait atteint ses limites, donna l'ordre à un groupe de ses adeptes g'émigrer en Ethiopie pour échapper à la torture, pouvoir adorer Allâh librement et propager leur religion. Conformément à son ordre, plus de quatre-vingt Musulmans mâles, avec quelques femmes et enfants, émigrèrent en Ethiopie.

Lorsque les Quraych furent mis aucourant de ce plan, ils envoyèrent leurs représentants au Négus, le Roi d'Ethiopie, chargés de cadeaux, dans l'intention de dénigrer les Musulmans et de le persuader de reconduire ces derniers à la Mecque.

Le Négus convaqua les représentants des Msulmans pour vérifier les accusations portées contre eux. Ja'far, le fils d'Abou Tâlib, qui fut le leader du groupe (des Musulmans) expliqua la position de l'Islam dans ces termes : "... Nous étions des gens ignorants. Nous adorions les idoles, commettions de mauvaises actions et violons les droits de nos voisins. Les plus forts d'entre nous en exploitaient les plus faibles... Nous sommes restés ainsi jusqu'Allâh ait envoyé un Prophète parmi nous. Nous le connaissons pour sa véracité et avons foi en sa droiture et sa piété. Il nous a invité à nous prosterner devant Allâh l'Unique, à abandonner l'idolâtrie, à être véridiques, honnêtes, pieux et de bonne conduite, à nous abstenir de commettre de mauvaises actions et de nous emparer de la propriété des orphelins, à être chastes, à accomplir la prière, à nous acquitter de la Zakât et à observer le jeûne. Nous avons professé notre foi en lui. Cependant les gens de notre ville nous oppressent. Pour la simple raison que nous l'avons suivi, ils nous ont torturé afin que nous abjurions cette religion, revenions à l'idolâtrie et nous engagions à nouveau dans les mauvaises action. Lorsque la vie est devenue insupportable pour nous, nous nous sommes réfugiés dans votre pays et c'est vous que nous avons choisis parmi les autres pays. Maintenant, nous espérons que nous serons sous votre protection à l'abri de nos ennemis".

Le Négus demanda à Ja'far de réciter quelques révélations qu'Allâh avait communiquées au Prophète. Ja'far récita quelques-uns des versets initiaux de la Sourate Mariyam, qui, outre le fait d'être très éloquents et captivants, sont relatifs à 'Issâ et Mariyam (Jésus et Marie), qu'ils glorifient et qui rappellent le message divin de 'Issâ.

A cause de la récitation de ces versets et du précédent discours de Ja'far, le Négus et ses adjoints portèrent intérêt aux Musulmans et aprouvèrent du respect pour l'Islam et pour le Saint Prophète. C'est pourquoi il promit aux Musulmans de rester dans son pays aussi longtemps qu'ils le désireraient. Quant aux représentants des idolâtres, il les renvoya et ne tint compte de leur requête.

LA PERSEVERANCE

Lorsque les Quraych échouèrent dans leur manœuvre pour ramener d'Ethiopie les partisans du Noble Prophète et virent que l'Islam avait dépassé les frontières du Hijâz, ils entreprirent des consultations entre eux dans le but de trouver le moyen et la possibilité de faire soumettre à eux le Prophète et ses partisans. Ils décidèrent pour cela de signer une convention susceptible de condamner le Prophète, ses amis et ses proches à l'ostracisme. Cela signifia que personnes n'eût le droit d'avoir des contacts avec eux, ni de leur vendre des provisions ou de la nourriture, ni de les rencontrer, ni de s'associer avec eux. Ils posèrent cette convention à l'intérieur de la Ka'bah.

Après quoi, le Saint Prophète et ses compagnons n'eurent d'autre alternative que de partir vers une allée située à l'extérieur de la Mecque. Elle s'appelait "Chi'b Abi Tâlib". Là, ils passèrent leur temps dans des conditions extrêmement difficiles et pleines d'inconvénients. Mais malgré tout cela, le Prophète récusa toutes les offres de liberté en dépens de sa mission. La faim, la privation et tous les dangers auxquels l'ennemi l'avait exposé ne l'effrayèrent guère. Il continua, comme avant, à penser à l'avenir de l'humanité et au salut des nations, et il exprima son optimisme à ses compagnons, lesquels restèrent fermes dans leur foi, pleins d'ardeur et de dévotion.

Cet état de choses continua pendant trois ans. Puis Allâh informa le Saint Prophète que la convention signée par les Quraych avait été dévorée par les termites et que rien, si ce n'est Allâh, ne survit. Abou Tâlib annonça ce fait dans un rassemblement de Quraychites, lesquels promirent que si cette révélation faite au Prophète s'avérait juste, ils lèveraient la mesure d'ostracisme. Lorsqu'ils entrèrent dans la Ka'bah, ils découvrirent que la révélation était exacte et que la convention détruite. Ils furent donc obligés de lever les restrictions, ce qui permit au Prophète et à ses adeptes de retourner à a Mecque.

Toutefois, les Quraych continuèrent pour leur part leurs activités d'obstruction et s'efforcèrent pendant ces jours d'égarer les pèlerins et d'empoisonner leurs esprits pour les monter contre l'Appel islamique. Ils essayèrent de leur faire croire que le Prophète était un magicien qui voulait diviser les familles et provoquer des troubles.

Malgré toute l'opposition mise en avant par les Quraych, le Saint Prophète réussit à faire connaître l'Islam aux habitants d'autres territoires et à travers eux, il fit parvenir son message aux différentes tribus et aux citoyens des villes avoisinantes. Cela constitua les préparatifs de l'émigration à Médine.