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ABU BAKR LE PREMIER CALIFE

 

 

   - l'election à saqîfah
   - abû bakr "elu" à la succession du prophète
   - l'installation d'abû bakr
   - le premier discours public d'abû bakr du haut de la chaire
   - l'absence d'abû bakr et de `omar aux cérémonies funéraires du prophète
   - le père surpris par l'election de son fils
   - l'attitude de `alî après l'election d'abû bakr
   - le nom et les titres originels d'abû bakr
   - les habitudes et la profession d'abû bakr
   - `alî soumis à l'humiliation
   - fâtimah réclame son héritage
   - offre d'ouvrir les hostilités, rejetée par `alî
   - abû bakr prétend vouloir renoncer au califat
   - l'admonestation faite par al-hassan
   - quelques récits du califat d'abû bakr
   - tulayhah, l'imposteur
   - mâlik ibn nowayrah et son sort cruel
   - plainte auprès du calife contre khâlid
   - le jugement d'abû bakr
   - fujâ'ah al-salmî
   - la rébellion à hadhramawt, conduite par ach`ath b. qays
   - abû bakr juge ach`ath
   - expéditions vers des pays etrangers
   - la nomination de yazîd
   - la connaissance du coran par abû bakr
   - quelques récits concernant abû bakr
   - la maladie d'abû bakr. la nomination de son successeur
   - le lit de mort d'abû bakr
   - la mort d'abû bakr
   - abû bakr et les rapports de sa famille avec celle du prophète
   - les femmes mariées avec abû bakr avant sa conversion à 1'islam
   - les femmes mariées avec lui après sa conversion à 1'islam

 

 

" `alî était le cousin de mohammad et le mari de sa fille bien-aimée, fâtimah. le droit de succession sur la base de la consanguinité revenait à `alî, dont les vertus et les services rendus lui donnaient plus d'un titre à la succession au prophète. dans la première explosion de son zèle, lorsque l'islam était encore une religion tournée en dérision et persécutée, il avait été déclaré, par mohammad, frère et lieutenant. depuis toujours il était dévoué à mohammad en paroles et en actions. i1 avait honoré sa cause par sa magnanimité aussi bien qu'il l'avait défendue par son courage." (w. irving)

"sa naissance, son alliance et son caractère, qui le plaçaient au-dessus du reste de ses compatriotes, devaient justifier suffisamment sa revendication du tr6ne vacant de l'arabie. le fils d'abû tâlib était de facto le chef de la famille de hâchim, et le prince héréditaire ou le gardien de la cité et du temple de la mecque. la lumière de la prophétie avait été éteinte, mais le mari de fâtimah pouvait s'attendre à l'héritage et à la bénédiction de la fille du prophète, car les arabes avaient parfois accepté le règne d'une femme, et d'autre part ils avaient souvent vu les deux petits-fils du prophète, caressés par lui sur ses genoux, ou assis sur sa chaire, et présentés comme étant l'espoir de sa vie et les deux maîtres de la jeunesse du paradis.

depuis la première heure de sa mission jusqu'aux derniers rites de ses funérailles, le messager n'avait jamais été délaissé par cet ami généreux qu'il aimait à appeler son frère, son lieutenant et le fidèle aaron d'un second moïse".

les mérites de `alî et les paroles prononcées par le prophète de dieu en sa faveur suscitèrent la jalousie des contemporains. l'ascendance familiale du jeune héros et, plus encore, les déclarations du prophète le désignant comme étant son lieutenant, hissant sa position auprès de lui au niveau de celle d'aaron par rapport à moïse, déplaisaient à l'aristocratie aisée, désireuse de détenir elle-même le sceptre. la prééminence des hâchimites, qui avait atteint son zénith avec l'avènement de mohammad (que la paix soit sur lui), était trop incontestable pour être écrasée. la mort du prophète permit à la longue à; l'aristocratie de s'exprimer, et de raviver par conséquent l'ancienne discorde tribale. quelques jours plus tard, `omar avoua que quraych ne pourrait jamais se réconcilier avec la fière prééminence de la lignée hâchimite. ainsi toute l'aristocratie cherchait à arracher à `alî l'occasion de succéder au prophète de dieu, et à détruire par là même la prééminence des hâchimites. a peine le prophète avait-il fermé les yeux que les adversaires des hâchimites, sans même attendre son enterrement, se réunirent à saqîfah banî sâ`îdah pour discuter de l'élection de quelqu'un qui assumerait l'autorité du prophète, et priver ainsi `alî de son droit à la succession.

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l'election à saqîfah

alors que l'irréprochable lieutenant du prophète d'allâh était occupé aux préparatifs de l'enterrement du défunt, les muhâjirîn de la mecque et les ançâr de médine faisaient parade de leurs mérites respectifs à saqîfah. les muhâjirîn réclamaient pour eux la préférence en raison de leur antériorité dans l'islam, leur parenté avec le prophète et leur émigration avec lui au risque manifeste de leur vie et de leurs biens. les ançâr firent valoir (par la voix de leur porte-parole, hobâb) qu'ils avaient autant de droit que qui que ce fût, vu qu'ils avaient accueilli le prophète lorsqu'il avait fui ses ennemis mecquois, qu'ils l'avaient protégé au moment de l'adversité et qu'ils l'avaient aidé en tenant tête à ses puissants adversaires, ce qui lui avait permis en fin de compte d'établir sa force et son autorité éminentes. ils alléguèrent même qu'ils craignaient qu'on se vengeât (la vengeance était presque un principe religieux parmi les arabes. venger un parent tué était un devoir pour sa famille, et ce devoir menait souvent l'honneur de sa tribu en jeu. et ces dettes de sang demeuraient parfois impayées pendant des générations, provoquant des conflits meurtriers". gibbon fait remarquer que les arabes menaient une vie marquée par une intention criminelle et par le soupçon, parfois pendant cinquante ans avant que les comptes de la vengeance ne fussent réglés) d'eux si l'autorité tombait entre les mains de ceux dont ils avaient tué les pères et les frères en défendant le prophète. (il est à noter ici que c'est dans ce propos que réside le fond de la tragédie de karbalâ' dont parlait hobâb, un porte parole prudent et à l'esprit alerte, des ançâr. ses craintes s'avéreront justifiées lors du massacre vengeur de la descendance de `alî ou du prophète - dont un bébé de six mois - à karbalâ', et lors des crimes hideux perpétrés contre les ançars à harra). lorsque hobâb exprima cette opinion, `omar répliqua avec indignation : "vous devriez mourir si le califat tombait entre les mains de telles gens que vous craignez".

pour réfuter les revendications des ançâr, `omar dit: "j'ai désiré moi-même faire un discours que j'avais spécialement élaboré dans mon esprit - ayant présumé qu'abû bakr manquerait l'occasion - mais abû bakr m'a arrêté et j'ai pensé alors qu'il n'était pas convenable de désobéir au calife deux fois en une seule journée. toutefois, à mon grand soulagement, je l'ai trouvé à la hauteur de la tâche. il argua que les quraych ne niaient pas les services rendus par les ançâr pour promouvoir la cause de l'islam, mais malgré tous ces services méritoires, ils ne devaient pas croire avoir un titre quelconque pour aspirer à une entière autorité sur les quraych. concernant les appréhensions dont avait parlé hobâb, ils ne devaient pas, dit-il, avoir de telles craintes, surtout en raison de la possibilité qui leur était offerte de participer au gouvernement, par le poste de ministère. les ançâr dirent alors qu'il acceptaient qu'il y eût deux califes, représentant les deux parties, pour exercer l'autorité conjointement, et ils nommère même sa`d ibn `obâdah,1eur dirigeant, pour être leur élu. mais abû bakr et son parti ne pouvaient d'aucune façon approuver une telle proposition, et persistèrent à affirmer que le gouvernement devait rester entre les mains des quraych, et que les ançâr devaient se contenter du ministère.

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abû bakr "elu" à la succession du prophète

les ançâr ayant refusé de céder,1a tension monta tellement qu'ils faillirent en venir aux coups lorsqu'abû bakr intervint et leur demanda s'ils n'avaient pas entendu le prophète dire que personne d'autre qu'un quraychite n'est apte à exercer l'autorité sur les quraych". bachîr b. sa`d,1'un des ançâr qui partageait les vues des muhâjirîn répondit sur le champ en faveur de ceux-ci. encouragé par cette interventioin abû bakr déclara avec détermination que jamais les quraych n'accepteraient qu'un non-quraychite les gouvernât, et il s'avança afin qu'ils choisissent l'un des deux comme calife là, les ançâr commencèrent à dire qu'ils préféreraient prêter allégeance à `alî, le meilleur des quraych. a ce moment critique `omar, perdant patience, s'écria : "tends ta main, Ô abû bakr ! je te prêterai sûrement serment d'allégeance". abû bakr répondit : "tu es plus ferme que moi", en le répétant. `omar, tenant alors la main d'abû bakr, dit: "'il es plus convenable que moi, et tu as sûrement ma fermeté sans parler de tes autres mérites personnels. je jure allégeance envers toi". ainsi, `omar déclara à haute voix qu'il reconnaissait abû bakr comme chef, et lui fit serment de fidélité. abû `obaydah et quelques autres muhâjirîn qui les avaient accompagnés à saqîfah suivirent son exemple. bachîr et un autre ançârî de son parti prêtèrent serment d'allégeance à abû bakr et la confusion prit ainsi fin. hobâb eut une altercation avec bachir pour sa conduite traîtresse en préférant abû bakr à sa`d b. `obâdah, mais avec l'intercession de certains autres ançâr, la tension fut apaisée.

sa`d ibn `obadâh, le chef des ançâr, fut profondément chagriné d'être évincé de la sorte. aussi ne prêta-t-il pas serment d'allégeance à abû bakr. i1 quitta par la suite médine pour se retirer, écœuré, en syrie où il sera assassiné abominablement, dit-on, à l'époque du califat de `omar, en l'an 15 a.h.

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l'installation d'abû bakr

ayant obtenu la convention à saqîfah, abû bakr s'assit le léndemain sur la chaire au masjid où les gens avait été rassemblés pour lui prêter un serment d'allégeance général et pour ratifier l'allégeance prêtée à saqîfah afin de prévenir tout revirement. a la vue de l'assemblée `omar était convaincu qu'abû bakr assurerait cette succession sur un pied solide. la deuxième chose était de prendre garde à une sérieuse rupture qu'il craignait de la part de `alî, si ce dernier obtenait le suffrage des siens de la même manière [("les deux cheikh (bokhârî et muslim) ont noté que omar avait dit: "que personne ne se trompe en disant que l'allégeance à abû balq a été faite à la légère - bien qu'elle fût ainsi - le seigneur en a prévenu les mauvaises conséquences .. b -' l'urgence du moment et l'assentiment des gens purent excuser cette mesure illégale et précipitée, mais omar lui-même avoua du haut de la chaire que si un musulman sollicitait désormais le suffrage de son frère, tous deux, l'électeur et l'élu mériteraient la peine de mort." (gibbon)] dont avait procédé abû bakr à saqîfah. c'est pourquoi, avant qu'abû bakr ne prenne la parole, `omar s'était montré assez prudent pour prendre les mesures nécessaires pour mettre en échec toute éventuelle rupture en menaçant de la peine capitale quiconque ferait ce qu'avait fait abû bakr la veille à saqîfah, c'est-à-dire obtenir un suffrage sans le consentement de tous les musulmans. debout à c6té de la chaire, `omar fut le premier à s'adresser à l'assemblée.

"bien que `omar eût été le premier à proposer abû bakr à l'assemblée et à le reconnaître comme calife, il n'approuva pas par la suite ce choix dont la nécessité avait été commandée par une conjoncture critique. cela apparaît donc dans ce qu'il dit lui-même à ce propos : "je prie dieu pour qu'il prévienne les mauvaises conséquences à craindre d'un tel choix. aussi quiconque ferait une chose pareille mériterait la peine de mort, et si jamais quelqu'un prêtait serment de fidélité à un autre sans le consentement du reste des musulmans, tous deux ... devraient être mis à mort."

selon sir w. muir, `omar s'adressa à l'assemblée dans les termes suivants : "Ô gens ! ce que je vous ai dit hier n'était pas la vérité. en fait, je trouve qu'il n'est corroboré ni par le livre que le seigneur a révélé ni par la convention que nous avons faite avec son messager. en ce qui me concerne, j'ai souhaité vraiment que le messager du seigneur restât avec nous encore plus longtemps et qu'il nous ait dit à l'oreille un mot qui puisse lui sembler bon et nous être un perpétuel guide. mais le seigneur avait choisi pour son messager la portion qui est avec lui-même de préférence à celle qui est avec nous. et vraiment le mot inspiré qui a dirigé notre prophète est toujours avec nous. prenez-le donc pour votre guidance, et vous ne serez jamais égarés. et maintenant, vraiment, puisque le seigneur a placé l'administration de vos affaires entre les mains de celui qui est le meilleur d'entre nous, le compagnon de son prophète, le seul compagnon, le second des deux qui se trouvaient seuls dans la grotte, levez-vous et prêtez-lui serment de fidélité" (w. muir's life of mohammad). les gens prêtèrent ainsi un serment d'allégeance général à abû bakr. ceux qui avaient prêté serment d'allégeance à saqifah ratifièrent leur allégeance.

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le premier discours public d'abû bakr du haut de la chaire

"citant al-hassan al-baçrî, ibn sa`d note que lorsqu'on prêta serment d'allégeance à abû bakr, il se leva et dit : "et maintenant, je suis chargé de cette autorité, bien que j'aie une aversion pour elle, et par allâh ! j'aurais été heureux si quiconque parmi vous avait pu convenir à cette tâche à ma place; même si vous me chargiez d'agir envers vous comme l'a fait le messager de dieu, je ne pourrais pas l'entreprendre, car le messager de dieu était un serviteur que le seigneur a honoré de son inspiration et préservé par là-même de toute erreur, et je suis vraiment un mortel et je ne suis pas meilleur qu'aucun d'entre vous. pour cela, surveillez-moi, et lorsque vous aurez constaté que je suis ferme, obéissez-moi alors, et lorsque vous aurez remarqué que je dévie du droit chemin, remettez-y moi. et je sais qu'un diable m'accapare. donc, lorsque vous me trouverez enragé, évitez-moi, car en ces moments-là je ne pourrais pas écouter vos conseils ou vos bonnes salutations".

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l'absence d'abû bakr et de `omar aux cérémonies funéraires du prophète

depuis la mort du prophète le lundi midi, jusqu'à la dernière partie de la nuit du mardi au mereredi, abû bakr et `omar étaient occupés (ayant encore le souvenir de l'expérience de saqîfah, bien frais dans la mémoire, 'omar, sur son lit d'agonie accordera un délai de trois jours pour l'élection de son successeur, bien qu'il ri y eût que six électeurs qu'il avait désignés lui-même. i1 est donc évident que l'élection à saqîfah, avec toutes les parties contestataires parmi les ançâr et les muhâjirîn qu'elle impliquait aurait dû occuper beaucoup plus longtemps sans les mesures prises par `omar pour conclure l'affaire au plus vite) aux affaires de l'élection et ne purent donc [[[note: 1. ibn abîl-hadîd dit : "une grande partie de la ummah soutient que toute la politique et toutes les mesures apparemment précipitées adoptées par abû bakr et `omar pour s'emparer du califat répondaient en fait à un plan prémédité et bien établi élaboré pendant la maladie du prophète, lorsque son lit avait été assiégé par l'habile `Âyechah, fille d'abû bakr et ennemie de `alî (gibbon). abû bakr était un homme bien âgé puisqu'il avait à peu près l'âge du prophète. i1 ri était donc pas probable qu'il puisse survivre longtemps après la disparition du prophète. `omar était beaucoup plus jeune qu'abû bakr, il avait donc confiance qu'il lui succéderait dans un délai pas trop éloigné. on peut donc supposer qu'ils s'étaient entendus sur l'ordre dans lequel i1s accéderaient au pouvoir tous les deux, et c'est conformément à cet arrangement qu'abû bakr, lorsqu'il se trouva sur son lit d'agonie, ne se contenta pas de faire élire son successeur, mais nomma 'omar franchement pour lui succéder afin d'éviter le risque de l'élection.

2. la réponse de `omar à hobâb, comme nous l'avons vu dans un paragraphe précédent, suggère aussi qu'il s'était déjà assuré de l'établissement du califat avec ses partisans.

3. la déclaration de `omar selon laquelle il pensait qu'il ne convenait pas de désobéir au calife deux fois en un jour (voir plus haut) tend à montrer également qu'il avait préalablement choisi abû bakr comme calife avant l'élection; autrement comment pouvait-il parler d'un calife alors qu'il avait professé fermement que le prophète n avait pas nommé son successeur, ce qui nécessitait une élection.]]] assister aux cérémonies de funérailles du prophète qui avait été enterré avant qu'ils ne se libèrent pour pouvoir rejoindre ces cérémonies. en réalité, ils voulurent éviter de rencontrer `alî jusqu'à ce qu'ils s'assurent complètement la mainmise sur le califat. après avoir réussi dans leur dessein, bien au-delà de leurs prévisions, ils se montrèrent, mais ils étaient bien entendu, trop tard, les cérémonies étaient déjà terminées.

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le père surpris par l'election de son fils

dans son "mustadrak" (appendice), al-hâkim, citant abû horayrah, écrit que lorsque le messager de dieu mourut, la mecque fut ébranlée par un tremblement de terre qui suscita l'interrogation et la réaction suivante d'abû quhâfah (le père d'abû bakr) : "que se passe-t-il?", demanda-t-il. "le messager de dieu est mort", lui répondit-on. "c'est un événement monumental. qui est chargé alors de l'autorité après lui ?" dit-il. "ton fils" lui fit-on savoir. "est-ce que les banû abd manâf et les banû al-moghîrah ont consenti à ce choix ?" s'étonna-t-il. "oui", lui assura-t-on. "personne ne démolit ce qui a été élevé, et personne n'exalte ce qui a été humilié"

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l'attitude de `alî après l'election d'abû bakr

bien que le califat fût effectivement détenu par abû bakr, il n'en restait pas moins un bon nombre de gens insatisfaits de cette élection. ainsi, aucun hâchimite n'avait été présent à saqîah ni lors de la prestation du serment d'allégeance générale au masjid. zobayr, miqdâd, salmân, abû thar al-ghifârî, ammâr ibn yâcir, barra b. azhab, khâlid ibn sa îd, abû ayyûb al-ançârî, khazimah b. thâbit et bien d'autres, tout comme les hâchimites, s'en tinrent à l'écart, car étant d'avis que le droit à la succession du prophète revenait exclusivement à `alî, ils ne voulurent pas rendre hommage à abû bakr.

`alî était naturellement chagriné par le tournant qu'avaient pris les événements, mais il ne bougea pas. s'il avait eu recours aux armes pour s'opposer à ceux qui n'avaient jamais osé faire face aux héros des infidèles, lesquels avaient été systématiquement vaincus par `alî, il les aurait certainement vaincus, comme en témoigne l'ensemble de sa vie de combattant mais une telle victoire aurait été obtenue au détriment de la religion, laquelle n'aurait pas pu, dans ce stade précoce de sa vie, survivre à une guerre civile. c'est pourquoi il s'enferma, en s'armant de patience, chez lui, pour sauvegarder l'intérêt de l'islam à l'établissement duquel il avait si longtemps contribué au risque de sa vie, et il concentra son attention sur la collection du coran que d'aucuns pensent qu'il aurait écrit selon l'ordre de ses révélations. mohammad ibn sîrîn dit: "si on pouvait tomber sur ce livre-là, il aurait été très instructif'

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le nom et les titres originels d'abû bakr

a l'époque de son élection, abû bakr avait environ soixante ans. il était le fils d'abû quhâfah un quraychi éparé dans ses origines au niveau du septième aïeul de la lignée ou des ancêtres du prophète. abû bakr était le septième dans la descendance de taym, le fils de morrah, le septième ancêtre du prophète (voir plus loin : tableau généalogique). le clan auquel il appartenait se dénommait banû taym du nom de taym sa mère salmâ était une fille de l'oncle de son père, saqr. bien qu'abû bakr fût reconnu comme étant l'un des premiers à se convertir à l'islam, son père abû quhâfah n'embrassa cette religion que deux décennies après le début de la mission du prophète. le nom originel d'abû bakr avait été `abdul ka`bah. i1 s'appelait également `atîq. "sa mère n'avait aucun fils survivant, et lorsqu'elle avait mis au monde abû bakr, elle l'amena au temple et s'exclama : "Ô déité ! si celui-ci est immunisé contre la mort, alors donne-le moi". par la suite il s'appellera `atîq, c'est-à-dire "libéré".

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